mediationL’information sur les formations à la médiation CNV est disponible dans la rubrique « formation médiation »

La médiation, a quoi ça sert ?

La médiation soutient les personnes qui, dans leur vie personnelle ou professionnelle :

  • ont un projet commun et veulent se donner les meilleures chances de le voir aboutir (médiation de projet)
  • ressentent des tensions entre elles et veulent préserver leur relation (médiation préventive)
  • souhaitent recréer des liens, restaurer la qualité de leur relation, trouver des solutions suite à l’éclatement d’un conflit (médiation de crise)

Dans quels domaines s’exerce-t-elle ?

La médiation se pratique dans tous les domaines de la vie en société : famille, couple, éducation, professionnel, associatif, patrimonial, humanitaire, politique, religieux, commercial, voisinage, social, interculturel…

Elle peut être à l’initiative d’un juge, au cours d’une procédure (médiation judiciaire) ou à l’initiative des personnes (médiation conventionnelle).

Comment ça marche ?

La médiation offre un espace d’expression et d’écoute qui favorise la compréhension par chacun de ce qui est important pour l’autre. Les prises de conscience qu’elle suscite conduisent à vouloir trouver, ensemble, des solutions prenant en compte les besoins prioritaires de chacun.

Le médiateur est garant du respect d’un processus et de règles qui vont donner la sécurité nécessaire aux personnes pour s’exprimer librement et être entendues pleinement dans leur vécu (confidentialité, équilibre de la parole, neutralité, impartialité…).

Notre approche de médiation est basée sur la Communication NonViolente. La CNV, fondée par Marshall B. Rosenberg dans les années 60 est un processus de communication structuré qui comprend 4 étapes :

  • l’identification des faits déclencheurs d’une réaction (Observation)
  • l’expression des ressentis agréables ou désagréables dans la situation évoquée (Sentiments)
  • la reconnaissance des besoins satisfaits ou non satisfaits (Besoins)
  • la recherche de solutions permettant de satisfaire les besoins identifiés (Demande)

Le médiateur s’appuie sur le processus d’écoute empathique de la CNV pour aider les personnes à s’exprimer, s’écouter, se comprendre en traduisant tous les jugements, croyances et interprétations faisant obstacle à la communication, en faits, sentiments et besoins.

La conscience des besoins profonds, que le médiateur aide à identifier derrière le conflit, et la reconnaissance mutuelle de ces mêmes besoins, conduisent à un apaisement des tensions relationnelles.

Ce nouvel état émotionnel ouvre, avec l’accompagnement du médiateur, un espace de recherche de solutions. Dans cette phase, le médiateur est vigilant à ce que celles-ci prennent en compte les besoins prioritaires de chacun, ce qui garantit l’équité et la pérennité des accords trouvés.

La médiation CNV fait de l’instauration ou de la restauration de cette qualité toute particulière d’écoute, le préalable indispensable à la recherche de solutions.

Qu’est-ce que la médiation permet ?

La médiation permet aux personnes de :

  • transformer le conflit en une opportunité d’évolution personnelle par l’identification de leurs attentes et la clarification de leurs aspirations profondes
  • sortir des situations de blocage et retrouver du pouvoir sur leur vie, en prenant des décisions et en posant des actions en adéquation avec leurs besoins prioritaires
  • retrouver dignité, confiance, estime, respect d’elles-mêmes par l’affirmation de ce qui est important pour elles et la reconnaissance des conséquences de leurs actes
  • prendre la responsabilité de leurs choix individuels et collectifs
  • développer de nouvelles compétences en communication au service de la préservation de la qualité des relations interpersonnelles
  • repérer et réduire les facteurs de tensions internes afin de prévenir les conflits
  • trouver confiance et joie dans la coopération
  • libérer leur énergie et leur créativité…

 

Quelle est la spécificité de la médiation par rapport aux autres MARC ?

La médiation fait partie des modes alternatifs de résolution des conflits (MARC). Elle se distingue des autres modes (arbitrage, conciliation, négociation, …) par la conjugaison de 3 critères :

  • La liberté d’engagement des personnes
  • La présence d’un tiers indépendant, appelé « médiateur »
  • L’autonomie des personnes dans la recherche de solutions

Les médiateurs se réfèrent, dans l’exercice de leur activité, à une éthique et déontologie fixant le cadre de la médiation (lien vers code)

 

La médiation CNV, c’est l’art de la rencontre. C’est le lieu de « tous les possibles » car il offre l’accès, au delà d’une vision du bien et du mal, à notre humanité partagée. C’est un espace de confrontation qui, au lieu de nous séparer sur nos stratégies, nous rapproche autour de nos visions, au lieu de nous épuiser dans nos différences, nous donne de l’énergie pour réaliser nos rêves en commun. 

La médiation CNV permet de s’affirmer dans ses valeurs, d’être loyal envers soi-même, fidèle à qui l’on est tout en respectant les valeurs des autres. Elle est la voie vers une société humaine qui associe, pour le bien-être de chacun, autonomie et interdépendance.

En cela, la médiation CNV est un puissant outil de transformation relationnelle.

 

CODE NATIONAL DE DÉONTOLOGIE DU MÉDIATEUR

Les signataires de ce code se placent dans la mouvance européenne, au sens de la Directive 2008/52 du 21 mai 2008.

Ils considèrent que le « Code de conduite européen pour les médiateurs » de 2004, référencé en annexe du présent code, est perfectible parce que n’incluant pas les avancées actuelles de la pratique de la médiation.

En conséquence, le présent Code constitue le socle de référence

éthique de la pratique de la médiation en France et la contribution des signataires à l’amélioration du Code de conduite européen pour les médiateurs.

Le présent Code s’applique sans préjudice des dispositions spécifiques régissant le domaine d’exercice de chaque médiateur.

Préambule

Définition de la médiation

La médiation, qu’elle soit judiciaire ou conventionnelle, est un processus structuré reposant sur la responsabilité et l’autonomie des participants qui, volontairement, avec l’aide d’un tiers neutre, impartial, indépendant et sans pouvoir décisionnel ou consultatif, favorise par des entretiens confidentiels, l’établissement et/ou le rétablissement des liens, la prévention, le règlement des conflits.

 

Les organisations et les personnes physiques, signataires du présent Code de Déontologie, affirment leur attachement aux Droits Humains et aux valeurs que sont : la liberté, l’indépendance, la neutralité, l’impartialité, la confidentialité, la responsabilité.

L’éthique s’entend comme la réflexion du médiateur sur sa pratique et ses actes par rapport à ces valeurs.

La déontologie fixe l’ensemble des règles et obligations dans les relations entre les professionnels, entre les professionnels et les personnes sollicitant leurs services et entre les professionnels et les institutions.

Le recours à la médiation peut intervenir dans le cadre :

– conventionnel, à la demande d’une ou plusieurs personnes concernées,

– agissant individuellement ou conjointement,

– d’une procédure judiciaire, à la demande du magistrat, des avocats

– ou des personnes concernées.

La médiation est confiée à une personne physique : le médiateur.

Outre le préambule ci-dessus, le présent Code se compose de trois parties :

– les règles garantes de la qualité de médiateur,

– les règles garantes du processus et des modalités de la médiation,

– les responsabilités du médiateur et les sanctions éventuellement

– encourues.

 

LES RÈGLES GARANTES DE LA QUALITÉ DE MÉDIATEUR

Le Médiateur agit dans le cadre de la loi et le respect des personnes.

Il doit maintenir sa position de tiers et vérifier, en permanence, que les conditions éthiques et déontologiques sont respectées tout au long de la médiation.

La formation

– Le médiateur doit avoir suivi, et posséder, la qualification spécifique à la médiation, en fonction notamment des normes ou critères d’accréditation en vigueur dans chaque organisation.

– Le médiateur, outre la participation à des séances d’analyse de la pratique, actualise et perfectionne ses connaissances théoriques et pratiques par une formation continue (symposiums, colloques, ateliers professionnels, etc…).

La posture de médiateur

Le médiateur est un tiers. Il doit respecter les exigences suivantes :

  • L’indépendance

Le médiateur doit être détaché de toute pression intérieure et/ou extérieure à la médiation, même lorsqu’il se trouve dans une relation de subordination et/ou institutionnelle.

Le médiateur s’engage notamment à refuser, suspendre ou interrompre la médiation chaque fois que les conditions de cette indépendance ne sont pas réunies.

  • La neutralité

Le médiateur accompagne les personnes dans leur projet, sans faire prévaloir le sien.

Pour ce faire, le médiateur s’engage, impérativement, à un travail sur lui même et sa pratique. Il s’engage à participer de manière régulière

à des séances collectives d’analyse de la pratique. Il est recommandé d’y associer une supervision.

  • L’impartialité

Le médiateur s’oblige à ne pas prendre parti ni privilégier l’une ou l’autre des personnes en médiation. Il s’interdit d’accepter une médiation avec des personnes avec lesquelles il a des liens d’ordre privé, professionnel, économique, de conseil ou autre.

Le médiateur s’interdit d’avoir un intérêt financier direct ou indirect dans l’issue de la médiation. Il doit refuser la mission si l’un des membres de son équipe a agi, et/ou agit, en qualité autre pour l’une des personnes concernées par la médiation.

  • La loyauté

Le médiateur s’interdit par éthique de remplir des fonctions de représentant ou de conseil de l’un et/ou l’autre des participants au processus de médiation. Il ne peut davantage être arbitre.

Le médiateur devra orienter ou réorienter les personnes si la demande n’est pas ou plus du champ de la médiation.

LES REGLES GARANTES DU PROCESSUS ET DES MODALITES DE LA MEDIATION

Règles garantes du processus de la médiation

  • Le consentement

Le médiateur doit veiller à ce que le consentement des personnes soit libre et éclairé. Il refusera toute mission où le consentement peut

être altéré. Il s’oblige à donner des informations claires et complètes sur les valeurs et principes de la médiation ainsi que sur les modalités pratiques de celle-ci. Il doit vérifier que les informations données ont bien été comprises.

Le médiateur doit rappeler que la médiation peut être interrompue à tout moment sans justification par les participants, ou par lui-même s’il considère que les conditions de la médiation ne sont plus réunies.

  • La confidentialité

Le médiateur ne divulgue ni ne transmet à quiconque le contenu des entretiens ni aucune information recueillie dans le cadre de la médiation, sauf s’il en a l’obligation légale ou s’il y a non-respect d’une règle d’ordre public.

Le médiateur ne peut notamment pas faire état des éléments dont il a eu connaissance lors de son intervention et ne doit fournir aucun rapport à ce sujet.

En cas de médiation judiciaire, il peut, tout au plus, indiquer au juge s’il y a eu accord ou non.

 

Règles garantes des modalités de la médiation

  • L’information

Le médiateur délivre aux personnes, préalablement à l’engagement de médiation, une information présentant la médiation et ses modalités d’une façon complète, claire et précise.

Il informe notamment les participants de l’existence du présent Code de déontologie, auquel il se réfère.

  • Le consentement

Comme il a été dit plus haut, le médiateur doit obligatoirement recueillir le consentement, libre et éclairé, des personnes, préalablement à leur entrée en médiation.

Une convention de médiation constatera ce consentement.

  • La convention de médiation

La convention de médiation est écrite.

Cette convention comprendra notamment les éléments qui participent

à l’organisation de la médiation :

– déroulement du processus,

– durée des rencontres,

– lieu de la médiation,

– coût de la médiation,

– liberté de prendre conseil auprès d’autres professionnels,

– comportement en médiation (respect, non-violence, etc.).

Elle comportera obligatoirement l’engagement des participants sur la confidentialité des informations dévoilées en médiation : celles-ci ne pourront en particulier être utilisées dans une procédure en cours ou à venir.

Par cette convention, les parties prennent acte de l’engagement du médiateur de respecter le présent Code.

  • Le déroulement de la médiation

La médiation se déroule dans un lieu neutre.

  • La fin de la médiation

La médiation peut se terminer par un accord écrit (protocole), ou non

écrit, entre les personnes.

Un protocole est la transcription des points d’accord que les personnes ont décidé de faire apparaître. Les documents écrits sont signés par les seules personnes concernées.

Les accords écrits sont la propriété des personnes concernées. Elles ont la possibilité de les faire homologuer par un juge.

LES RESPONSABILITES ET SANCTIONS

Le médiateur a, en plus des responsabilités déjà citées dans ce texte, les responsabilités suivantes :

  • Responsabilités du médiateur

– Il n’a pas d’obligation de résultat.

– Il est le garant du déroulement apaisé du processus de médiation.

– Il informe les personnes de ce que, tout au long du processus de

– médiation, elles ont la possibilité de prendre conseil auprès des

– professionnels qu’elles souhaitent. S’il a un doute sur la faisabilité

– et/ou l’équité d’un accord, connaissance d’un risque d’une atteinte

– à l’ordre public… il invite expressément les personnes à prendre

– conseil auprès du professionnel compétent avant tout engagement.

– Il doit s’efforcer d’aider la ou les personnes dont il aurait reçu des

– informations au cours d’entretiens individuels à les exprimer, si elle(s)

– l’estime(nt) indispensable à la progression du processus.

– Il ne doit pas avoir fait l’objet d’une condamnation, d’une incapacité

– ou d’une déchéance encore mentionnée sur le bulletin n° 2 du casier

– judiciaire.

  • Sanctions

Le médiateur signataire du présent code s’engage à le respecter. En cas de manquement, le médiateur s’expose à être exclu de la liste des médiateurs du centre ou de l’association dont il est membre.